27/08/2010 - une araignée sur le plancher se tricotait des bottes Au cours d'une insomnie, tournoie dans la chambre cette analogie: l'écriture romanesque est une toile d'araignée; un dispositif destiné à prendre le monde. Plutôt, c'est le monde qui s'y prend. Il y a quelque chose de fortuit, et de prodigieusement nécessaire dans cette mêlée. Tout ce qui se prend dans le maillage narratif opiniâtrement ouvragé -brindille, rage, hélitre, hier, garçon de café- s'y prend par surprise, pour y être dévoré. Le romancier est pareil à l'araignée. Par le livre il consomme le monde. Entendons cela moins dans l'acception courante (consommer une boisson, un bien de consommation), liée à l'usure de la combustion (consommer c'est consumer), voire de la consomption, que dans un sens plus littéraire, qui induit une visée presque, allez, je le dis, eschatologique: "Action d'ammener une chose à son plein accomplissement; achèvement, couronnement, fin, terminaison". Tiens, je m'amuse de ce que cette araignée me ramène au petit matin à cette conception démiurgique éculée de la création littéraire.
Anne-Christine Tinel, écrivain, est née un 18 mars (..68) à Lyon, capitale des Trois Gaules, entre deux traboules. Bien qu'affectionnant serres et allées du Parc de la tête d'Or -parc contemporain, faut-il le noter, du Central Park de New York- elle se brouille dans les années 1990 avec Louis XIV, qui règne à cheval sur la place Bellecour. Commence l'errance, qui la conduit d'Alger à Tunis, en passant par Paris et le Luberon. Au cours du périple, elle écrit pour le théâtre (membre de la SACD), engendre quelques marmots, publie des romans aux éditions Elyzad